Avant-Propos
Depuis des années notre attention s’est portée avec un intérêt accru sur les Livres Bibliques.
De récentes publications s’essaient à de nouveaux commentaires et tentent de définir la portée du message biblique.
En effet, si les discussions et les controverses sur l’origine, l’authenticité et le sens des textes sacrés, s'avèrent, de nos jours encore, stériles, trop globalisantes, parfois même trop « inspirées », cela est dû au fait que le conventionnalisme mystique — mis en place par la pensée post-biblique — déclenche invariablement les stéréotypes immuables et les classifications-tabous, qui bloquent le fonctionnement logique de l'esprit.
Pourtant, la spéculation mystique moderne — bien qu’enrichissante par ses diverses orientations — n’a fait que multiplier les ébauches hétérogènes de la perception individuelle, substituée aux textes bibliques.
Si de telles retouches, ambitieuses et difficilement évitables, témoignent de l'éloignement du contenu des textes, elles font cependant preuve d’un effort minimal de discernement des origines bibliques, substituant toutefois l’inexprimable doute mystique personnel, aux dépens du caractère concret de l’exposé biblique.
C’est ainsi qu’en partant de ces seuls textes, les présomptions métaphysiques de certains commentateurs n’en sont arrivées qu’à la négation théorique de l'existence concrète de la divinité biblique et donc, à la mise en doute de l'étendue de la sagesse de ces Livres et de l'histoire vécue du peuple hébreu.
Quel sera donc notre propos ?
Nous dirons plutôt ce que nous n’avons pas voulu faire.
Cet ouvrage n’a pas un caractère religieux. De nombreux siècles ont suffisamment démontré la valeur vivifiante et spirituelle de la Bible.
Ce livre n’est ni une mystification délibérée, ni une interprétation personnelle, non plus qu’un propos philosophique.
Pourtant, l’auteur a volontairement évité les polémiques inutiles et dangereuses sur la « primordialité et la véridicité » de l'une ou l'autre des disséminations judéo-chrétiennes, polémique qui, pendant tant de siècles, n'a engendré que pogroms et combats fratricides.
Nous voulons, à travers cet ouvrage, aborder le problème religieux sur un plan différent de celui des théologiens, des apologistes dogmatiques, des hermétistes et des exégètes modernes.
Bien que les philosophes matérialistes — ancrés sur des positions gnostiques apparemment irréprochables — aient réussi à secouer la foi de millions de croyants, leur manière d’aborder le contenu de ces textes démontre qu’ils ont délibérément ignoré toute méthode scientifique de recherche.
Cet ouvrage n’est que l’étude de quelques chapitres des Livres Saints, fragments que l’auteur a choisis en fonction de leur caractère essentiel pour comprendre l’importance des messages qu’ils renferment, ainsi que pour faciliter le premier accès du lecteur aux études bibliques.
Notre méthode d'approche des textes saints peut être assimilée au travail patient et prudent de l’artiste qui procède à la restauration d’un tableau : avec beaucoup d’efforts et non moins de regrets, nous avons dû décoller l'une après l’autre les interventions qui avaient sédimenté à travers les siècles, pour qu’apparaisse le récit dans toute l’intégrité de son exposé millénaire.
Sans doute, cet ouvrage ne représente qu’un « demi-mot », mais chaque pas franchi précise le chemin. La sérénité de la raison surmonte les énigmes mystiques.
A la plongée spéculative imposée par l’espace raréfié peuplé d’incohérentes évocations spirituelles, nous avons préféré la méthode de l'aller et du retour des lignes de rappel de l’espace cubique, la géométrie comparée de chaque expression typologique — nous permettant l’accès à une compréhension nouvelle du vocabulaire biblique.
C’est ainsi que les circuits de ses messages se reconstituent, à partir de la source même.
De la confusion plane et statique à la réalité spatiale dynamique, de cohérence en cohérence, l’étude s’autostructurait pour ne plus révéler qu’un seul et unique champ de vision : la Science de YHWH.